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SOS Bois Douglas, pour la sauvegarde de nos milieux naturels!
CaryerOvale

 

Visite virtuelle

Voici où était le bois Douglas et ce à quoi il ressemblait avant sa destruction.

Veuillez cependant prendre note que les rues affichées dans le bois sur cette photo n'y était pas présentes. Le prolongement de la rue Douglas à partir de la rue Marie-Derome ainsi que la portion des rues Prescott et McNulty qui étaient dans la forêt n'étaient qu'une projection de ces mêmes rues lorsque le développement sera terminé.

 

carte google

 

Le bois Douglas avait une superficie de 124 415 mètres carrés et abritait des arbres âgés d'une moyenne de 40 à 70 ans. La végétation dominante y était de type érablière à érable à sucre, à érable rouge et à érable argenté. On y retrouvait aussi une saulaie et des milieux humides. Ces milieux sont de plus en plus rares en Montérégie.

Un inventaire professionnel de la flore indiquait que la valeur écologique de ce boisé est élevée. On y retrouvait notamment un arbre typique, le Caryer ovale (Carya ovata), susceptible d'être désigné comme une espèce menacée ou vulnérable au Québec à cause de la diminution de son habitat*.

Au point de vue biologique, la vallée du Haut-Richelieu se situe dans la zone écologique de l'Érablière à caryers. Le Caryer est donc un arbre typique du Sud-Ouest du Québec, même si peu de citadins le connaissent.

Caryer Ovale Érable à sucre Pruche Hêtre Chêne
caryer erable pruche hetre chene

 

Le Caryer ovale (Carya ovata ou Noyer tendre) est un grand arbre pouvant atteindre 40 mètres. Son écorce se retrousse naturellement en longues bandes qui servent de refuge aux papillons hibernant, selon le frère Marie-Victorin (Flore laurentienne). Un arbre peut produire à tous les deux ans de 2 à 3 boisseaux de noix qui sont amassées à l'automne par les écureuils et les tamias. Au printemps, ses jeunes pousses produisent les plus beaux bourgeons que l'on puisse voir, dorés et veloutés. S'il est épargné par les bulldozers des promoteurs, le Caryer peut vivre plus de 300 ans.

On rencontre naturellement huit espèces d'érables au Québec. On les distingue par diverses caractéristiques, comme la forme de la feuille. Leur nom latin, Acer, signifie dur, comme leur bois.

L'Érable à sucre (Acer saccharum) en vient à dominer la forêt parce que ses graines ailées poussent bien à l'ombre. Les premiers colons ont appris des Amérindiens le secret de la fabrication du sucre d'érable.

La Pruche (Tsuga canadensis) est un conifère typique du Sud du Québec. On ne le retrouve pas plus au Nord, en Abitibi ou au Saguenay. Il faut attendre entre 20 et 60 ans avant qu'il commence à se reproduire, mais il peut ensuite vivre de 500 à 600 ans.

Le Hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia) a une écorce distinctive, grise et lisse, qui se reconnaît facilement. L'hiver, en randonnée, vous remarquerez souvent ses feuilles tenaces qui persistent encore sur les jeunes arbres. Les faînes du hêtre, tout comme les glands des chênes, font partie de la chaîne alimentaire des animaux.

Il y a quatre espèces de Chênes au Québec. Leur nom scientifique, Quercus, est d'origine celte et signifie " Arbre par excellence ". De nombreuses autres espèces sont présentes dans le bois Douglas.

On y retrouvait aussi des milieux humides. Ces habitats abritent une faune et une flore très diversifiées. On reconnaît aujourd'hui que ces zones sont très riches au point de vue écologique et doivent être protégées.

Note : Les quelques espèces mentionnées ci-haut ne représentaient qu'un faible échantillon de la riche biodiversité de ce milieu.

Un inventaire professionnel de la flore avait été effectué à la demande de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. La valeur écologique du boisé avait été classée comme élevée.

Les photos suivantes montrent de nombreux arbres abattus dans le bois Douglas avant sa destruction en octobre 2010 et plus bas la réaction d'un biologiste de Saint-Jean-sur-Richelieu.

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Est-ce cela notre vision du " développement "? Comme citoyens, parents et jeunes qui grandiront dans la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, que souhaitons-nous vraiment pour notre ville? Encore plus de boulevards asphaltés? Plus d'enseignes commerciales, plus d'automobiles et de bruit, plus de rangées de maisons alignées? Est-ce que notre vision du futur idéal est une grande banlieue uniforme qui s'étend jusqu'à Montréal, sillonnée de méga-boulevards Taschereau? Faut-il que la nature soit accessible seulement sous la forme aseptisée d'un parc urbain? Devons-nous absolument parcourir des kilomètres en automobile, tout en polluant, pour avoir accès à de vrais espaces forestiers?

Et si on pouvait amener nos enfants ou nos petits enfants dans des coins de nature préservés près de chez nous, y accéder à pied ou à bicyclette, méditer tranquillement en marchant dans les bois et en observant les oiseaux, échapper quelques instants à l'agitation de la vie urbaine... tout en restant dans notre ville? Même les arbres qui ont été abattus dans le boisé Douglas engendreront de nouveau la vie : insectes et champignons y trouveront un terreau fertile qui formera la base d'une nouvelle chaîne alimentaire... si on laisse la Nature refaire son oeuvre sans détruire cet écosystème. Certains arbres de ce boisé sont au moins centenaires, ça ne repoussera pas de notre vivant. Pensons-y!

Jean-Pierre Guillet, biologiste

* Référence : Les plantes vasculaires menacées ou vulnérables du Québec. 3e édition. Gouvernement du Québec, ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Direction du patrimoine écologique et des parcs, 2008.

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